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samedi 2 février 2008

Fear of a blank planet



Mise à jour, le dimanche 3 février: Toutes les générations se posent la même question: pourquoi les jeunes sont "comme ci", pourquoi les jeunes sont "comme ça"? Aujourd'hui, les jeunes sont bombardés avec les questions reliées à l'environnement, la soif de richesse, les terroristes...

Fear of a blank planet. Pièce du groupe britannique Porcupine Tree.

Sunlight coming through the haze
No gaps in the blinds
To let it inside
The bed is unmade, some music still plays

TV, yeah it's always on
A flicker of the screen
A movie actor screams
I'm basking in the shit flowing out of it

I'm stoned in the mall again
Terminally bored
Shuffling around the stores
And shoplifting is getting so last year's thing

Xbox is a god to me
My finger on the switch
My mother is a bitch
My father gave up ever trying to talk to me

Don't try engaging me
The vaguest of shrugs
The prescription drugs
You'll never find a person inside

My face is smothered on
Curiosity is good enough for me
I'm tuning out his eyes
Pills are on the rise

How can I be sure I'm here?
The pills that I've been taking confuse me
I need to know that someone sees that
There's nothing left, I simply am not here

I'm through with pornography
The acting is lame
The action is tame
Explicitly dull, or rather a lull

Your mouth should be boarded up
Talking all day with nothing to say
Your shallow proclamations
All misinformation

My friend says he wants to die
He's in a band, they sound like Pearl Jam
Their clothes are all black
The music is crap

In school I don't concentrate
And sex is kinda fun, but just another one
Of all the empty ways of using up the day

How can I be sure I'm here?
The pills that I've been taking confuse me
I need to know that someone sees that
There's nothing left, I simply am not here

Bipolar disorder
Can't be any boarder
Bipolar disorder
Can't be any boarder

mardi 29 janvier 2008

Le redresseur de situations

Je suis honorable. Je le suis depuis 1992, lorsque Sa Majesté m’a en octroyé les droits et les avantages. Je ne comprend par pourquoi les gens ont été surpris l’automne dernier, lorsque le Premier Ministre m’a invité en m’interpellant comme le Compagnon de l’Ordre…

Pourtant, tous doivent se rappeler que mes Maîtres m’ont octroyé mon honorabilité suite à plusieurs années investies dans leur intérêt, autant comme greffier du Conseil Privé ou grand patron des fonctionnaires de l’État. Ma loyauté et ma détermination ont été récompensées par un autre honorable – très honorable apparemment - qui a su souligner « l’œuvre de toute une vie et le mérite exceptionnel pour avoir apporté une contribution extraordinaire au royaume et au bien de l’humanité. » Il ne faut jamais oublier que sous le règne de mes Maîtres, le royaume a courageusement participé à la guerre du golfe et à l’accord dit de Charlottetown… Avez-vous déjà oublié?

Lorsque Sa Majesté nous a permis de commercer librement avec le royaume du sud, mes Maîtres m’ont demandé de créer de la richesse en vendant un morceau du patrimoine. Tous les nobles du royaume étaient emballés par l’idée et ils m’ont promis leur plus grand support. La privatisation du chemin de fer fut un énorme succès, applaudie sur toutes les tribunes. Certes, il s’y perdit des milliers d’emplois, mais c’est le prix à payer pour permettre la croissance du royaume. Tous étaient d’accord après tout, sauf les gauchistes et les syndicaleux… Même le Prince d’un des territoires de l’empire, vous savez, ce grand espace où l’on parle une autre langue, a vanté le traité que nous voulions signer avec nos voisins du sud afin de faciliter le commerce. Les démocrates de l’époque, y compris ceux de nos voisins, ont tous endossés ce nouveau pacte de liberté économique, porteur de croissance et de richesse…

Suite à ce grandiose spectacle financier, on m’a interpellé afin de contribuer à la croissance d’une industrie qui devait accroître ses revenus et prioriser ses initiatives. Après avoir brisé l’entreprise en deux nouvelles entités, fermé sept usines et effacé plus de six mille emplois, deux grands symboles patriotiques firent leur apparition. J’ai contribué à redorer l’image d’un manufacturier de motoneiges et d’un autre, expert dans la fabrication de trains et d’avions. Une image de marque pour des jouets motorisés et une renommée internationale pour l’industrie du transport. Mes Maîtres et mes nobles amis furent encore une fois étonnés par mes capacités. J’ai du quitter - suite à quelques divergences d’opinion, mais ils ont promis de me donner quand même mille dollars par jour et ce, jusqu’à ma mort, en remerciements et en témoignage de leur générosité…

Mon expertise et mon « savoir faire » m’ont permis de sièger sur d’autres conseils, publics cette fois, mais assez privés pour me permettre de songer secrètement à vendre d’autres trésors patrimoniaux. Nous pouvions maintenant songer sérieusement à permettre aux plus puissants Princes de la planète de prendre possession de la « belle » compagnie de téléphone et du plus grand joyau de notre territoire : les alumineries.

Ai-je besoin de rappeler que j’ai continuellement contribué au progrès de nos terres et au-delà? J’ai fièrement siégé au Conseil de l’unité du royaume et présidé un Comité de coopération avec nos cousins continentaux…

Et comme j’ai prouvé à maintes reprises que je n’avais d’autre ambition que de contribuer à l’enrichissement de mes nobles confrères, qu’ils soient de notre royaume ou d’un autre, on me demanda alors de donner mon opinion sur le rôle que devait jouer l’armée de Sa Majesté dans cette grande guerre, celle contre les terroristes et les damnés. Dois-je répéter que je suis honorable et que je ne recherche que le bonheur de mes Maîtres et de mes nobles amis? Je leur ai donc recommandé de bien terminer le travail qu’ils avaient commencé.

Une guerre et une reconstruction. Des milliards de dollars disponibles aux nobles du royaume et de la planète entière. Noble cause et opportunités, le mariage parfait.

Je suis un expert. N’en doutez point. Je m’appelle Paul Tellier. I am Canadian, et je suis honorable.

La version originale de cet article a été publié sur Un Homme En Colère le 25 janvier 2008

vendredi 4 janvier 2008

Malaise à Radio-Canada

La version originale de cet article a été publié sur Un Homme En Colère le 1er janvier 2008

Comme plusieurs âmes solitaires qui n’avaient pas trouvé d’occasion pour sauter vers 2008, j’ai décidé hier soir de passer une petite soirée familiale devant le petit écran. Radio-Canada proposait quand même une programmation intéressante mettant en vedette ses meilleurs satiristes : Gérard D. Laflaque, Infoman et RBO.

J’ai également accepté la proposition des enfants de regarder la dernière émission de La Fureur diffusée en direct de Québec à vingt heures. Je ne suis pas un grand fervent de ce genre d’émission mais je me suis dit qu’une heure de karaoke familial contribuerait peut-être à installer une ambiance de fête dans notre modeste demeure.

Lorsque le chanteur Alain François a interprété son succès « C’est pour quand la coupe Stanley? », j’ai d’abord ressenti un petit malaise… Des figurants sont apparus sur la scène vêtus de chandails du Canadien. Je me suis dit que la foule présente au Palais de la Jeunesse ne la trouverait pas très drôle… Des amis de Québec m’ont souvent répété qu’ils en avaient marre de Radio-Canada et de sa polarisation sur le marché de Montréal… J’étais mal à l’aise devant ce qui me semblait être une erreur de scénarisation…

Je me suis trompé… Quelques secondes plus tard la foule est en extase devant l’apparition des danseurs arborant l’uniforme des défunts Nordiques. C’est l’euphorie dans la salle… Et on en remet encore : des participants arborent les couleurs des Remparts de Québec! Je suis heureux de constater que l’équipe de réalisation de l’émission ait porté une attention particulière au public de la capitale nationale. Pour une rare fois, Radio-Canada prenait soin de séduire les téléspectateurs de Québec.

J’ai toutefois compris l’arnaque de ce geste lorsque Véronique Cloutier a pris la parole à la fin du numéro. Elle a remercié de façon presque royale Josée Verner pour son implication dans ce projet qui a permis de monter la dernière émission de La Fureur à Québec. Je n’avais pas remarqué que Le Soleil l’avait déjà annoncé en novembre dernier : c’est madame Verner qui a eu l’idée et elle y contribuait personnellement depuis plusieurs mois. Son ministère du Patrimoine y a même injecté $300,000… Le Parti Conservateur vient de marquer des points dans la région de Québec en se servant de l’argent des contribuables… J’entend déjà les gens de Québec nous dire qu’avec les conservateurs, la vieille capitale occupera un peu plus de place. Quand on est écoeurés d’entendre parler des intellectuels du Plateau…

Une autre chose m’a également surpris pendant la deuxième partie de la soirée : est-ce que Radio-Canada a exigé d’appliquer les règles du débat des chefs aux émissions de Laflaque, Infoman et RBO? On s’est bien payé la tête de Charest, Dumont et Marois… mais aucun clin d’œil à Françoise David, Amir Khadir ou Scott MacKay. Pourtant, comme l’ont prouvé les Zappartistes, il n’est pas très difficile de lancer quelques blagues sur ces deux formations politiques!

Comme c’est la tradition, après le Bye Bye, les gens célèbrent l’arrivée du nouvel an et se remémorent déjà les bons moments de la soirée et des discussions intéressantes peuvent en découler. Peu de chance qu’on parle de Québec solidaire et du Parti Vert en sablant le champagne. Ils n’ont pas de sièges à l’Assemblée Nationale, que voulez-vous!

lundi 31 décembre 2007

Le temps des fêtes (7) – l’événement médiatique de 2007

Si vous n’avez jamais écouté Mia Farrow lors de son passage à Tout Le Monde En Parle, c’est un « must ». Si vous étiez devant votre téléviseur ce soir là, réécoutez ce bijou de la télévision. Mia Farrow y donne une prestation exceptionnelle pendant les 4 premières minutes de ce clip.

Notre ennemi maintenant, c’est l’indifférence
et le sentiment d’impuissance face au pouvoir.
Mais c’est nous qui avons le pouvoir.
Est-ce juste une poignée de porcs qui dirigent la planète
en fonction de ses intérêts égoistes?
Les voulons-nous pour nous représenter?
Alors, c’est la fin de la planète…

dimanche 30 décembre 2007

Le temps des fêtes (6) – drôle de planète

La propagande des lucides ne date pas d’hier… Dans cette deuxième partie d'un court métrage d’animation réalisé en 1956 pour le compte de l’Association Américaine du Pétrole (American Petroleum Institute), des dissidents martiens apprennent que le pétrole et la compétition sont les deux grandes « valeurs » américaines. Réalisé par John Sutherland.

vendredi 28 décembre 2007

Le temps des fêtes (4) – les idées de Mario

Nous sommes partis des considérations théoriques suivantes: ce qu’un homme pense est relativement peu important. Cela dépend en grande partie du hasard, du type de slogans qu’il entend, du parti auquel il appartient par tradition ou conditionnement social, des idéologies qui l’atteignent. De ce fait, il pense plus ou moins ce que pensent aussi les autres. C’est un signe de la tendance de l’homme à l’adaptation et de son manque d’indépendance. C’est ce que nous appelons l’opinion. On peut facilement changer d’opinion. Elle tient seulement tant que les circonstances restent les mêmes. Et, pour le dire tout de suite en passant, ce sont bien là les grands inconvénients de tous les sondages d’opinion qui, précisément, ne questionnent que les opinions; la nature même de ces tests vous empêche de poser la question : Que feriez-vous demain si les circonstances étaient tout à fait différentes? Or c’est cela qui compte en politique, et non pas en première ligne ce qu’un individu pense à ce moment même. Ce qui importe, c’est sa façon de vivre et d’agir. Elle dépend de son caractère. Et si on pose la question de cette façon, on aboutit à un autre concept, celui de conviction. La conviction est une opinion enracinée dans le caractère d’un homme et pas seulement dans sa tête. La conviction naît de ce qu’il est, tandis que l’opinion ne provient souvent que de ce qu’il entend… - Erich Fromm, 1974.

dimanche 23 décembre 2007

Le temps des fêtes (2) - The Shock Doctrine



“Lorsque j’ai terminé mon dernier livre « The Shock Doctrine », j’en ai envoyé une copie à Alfonso Cuaron parce que j’adore ses films et parce que sa vision du futur dans « Children of Men » est très proche de la réalité que j’ai eu l’opportunité de voir dans les régions affectées par les conflits militaires. J’espérais alors qu’il me ferait parvenir une citation pour la couverture du livre mais il a plutôt rassemblé une incroyable équipe d’artistes – incluant Jonas Cuaron comme réalisateur-monteur – pour produire le court métrage « The Shock Doctrine ». - Naomi Klein

Visitez le site de Naomi Klein

samedi 15 décembre 2007

Mario sur la montagne

« Si quelqu'un enseigne autre chose, et ne s'attache pas aux paroles solides, celles de notre Seigneur Jésus Christ, et à l'enseignement vraiment religieux, un tel homme est plein de lui-même, il ne sait rien, c'est un malade de la discussion et des querelles de mots. » Timothée, 6,3

J’imagine déjà mononcle Hervé reprendre la bonne parole de Mario Dumont lors du prochain souper de Noël… Lui qui, la veille, aura effectué sa visite annuelle à l’église afin d’y acheter son laisser-passer pour le paradis et la vie éternelle. Il nous rappellera l’importance de la messe de minuit parce qu’elle nous ramène à notre enfance, parce qu’on peut y entendre la chorale qui a travaillé fort toute l’année pour nous offrir des cantiques et qu’il n’était pas le seul à avoir une haleine d’alcool lors de l’eucharistie…

S’en suivra alors une discussion animée sur la disparition de nos traditions et sur les accommodements raisonnables. Tout d’un coup, la flamme culturelle s’allumera et le sapin planté au milieu du salon brillera de toutes ses ampoules. Après quelques verres de gros gin, il est fort à parier que mononcle Hervé se permettra quelques commentaires racistes et nous rappellera comment il était bon de vivre sous la gouverne de Maurice. Tout d’un coup, se dessinera une unanimité sur notre devoir de protéger notre passé et d’assurer l’avenir de nos jeunes. Ancien professeur au secondaire, mononcle Gaston, nous fera un sermon sur l’importance d’enseigner la bonne parole aux élèves car c’est la seule façon d’apprendre les bons comportements chrétiens et l’amour du prochain. Habituellement réservée, matante Mariette lui demandera s’il a appris à détester la plupart de ses collègues de travail grâce à ces sermonts ou s’il est simplement malheureux de son existence.

Comme c’est l’habitude, il y aura de francs échanges et un début de chicane lorsque matante Yvonette placera la buche au milieu de la table. Mononcle Hervé songera même à quitter les lieux car il peut difficilement discuter avec les autres, il est plutôt du genre à imposer ses idées, car ce sont les bonnes, évidemment.

J’espère que Marie-Pascale, la nièce qui a fait le tour du monde, essaiera de calmer le jeu… Elle qui a partagé sa vie avec un Égyptien un jour et avec un américain bouddhiste un autre, rappellera aux mononcles et aux matantes que les seules raisons qui nous réunissent en ce souper de Noël c’est l’obligation familiale et la nostalgie du bon vieux temps. Elle questionnera ce rassemblement annuel en nous demandant ce que signifie réellement cette fête. Elle mettra en lumière l’hypocrisie de certains et la jalousie des autres. Nous serons tous un peu nerveux à l’approche de l’échange de cadeaux.

Pour sortir la discussion de cette impasse, la fille de l’hôtesse, la jolie Carole, demandera à son fils Mathieu ce qu’il a appris dans son cours d’enseignement religieux au primaire. Il nous parlera, avec fierté, de la célébration de la naissance de Jésus, des rois mages de la crèche et tout le reste. La nostalgie réapparaîtra alors et une atmosphère de paix et de douceur s’installera au salon coincidant avec l’arrivée de mononcle René que tous ont reconnu malgré le costume du Père Noël. Le plus jeune du groupe, le neveu Gabriel, demandera alors à son père si ce personnage mal rembourré avec une barbe synthétique est le papa de Jésus.

Tous seront d’accord pour dire que les traditions se perdent et que Mario a finalement raison. Il faut conserver l’enseigement religieux dans les écoles. À quoi bon célébrer cette fête si on ne fait que manger, boire et admirer les résultats de notre soif de consommer. Il faut ramener Jésus dans le portait.

Mario a vu juste encore une fois. Amener le débat sur l’importance de la religion quelques jours avant les festivités de Noël. Ce débat devrait être en sa faveur car la majorité des québécois sont d’accord avec le cardinal Ouellet en permettant l’accès au cours de religion à l’école. Mario sait très bien que les parents seront réceptifs à son idée que l’école s’occupe correctement de leurs enfants car ils n’ont plus le temps et l’aide aux devoirs les effrait. Il sera reconnu comme notre grand protecteur car « il faut être prudent avec ce que l’on enseigne aux enfants en bas âge ».

Il aura même pris le soin de séduire mononcle Edmond et l’électorat montréalais en nous rappelant qu’il faut « réorienter le contenu du cours en fonction de la réalité québécoise où les religions catholiques et protestantes sont toujours prépondérantes… ». Tu es fort Mario.

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lundi 10 décembre 2007

Les médias ont du sang sur les mains



Extrait du documentaire québécois Brainwash